Le 5 ème Salon des races locales s’est tenu les 26 et 27 Août 2006 à Menez Meur (Hanvec-Finistère), organisé par le Parc naturel régional d’Armorique, en étroite collaboration avec les syndicats des races bretonnes : Porc Blanc de l’Ouest, Mouton d’Ouessant et Bretonne Pie Noir qui fêtait à cette occasion les 30 ans de son plan de sauvegarde et les 120 ans de création de son Herd Book.
Le bilan de ces journées est très positif, et ce à plusieurs titres.
Tout d’abord en interne. Ce Salon a réuni, dans la convivialité des repas pris en commun, plus de 70 éleveurs de races régionales venus de toute la France pour présenter leurs animaux.
Des moments particuliers d’échanges, tels que le voyage d’étude en Cap Sizun du vendredi 25 août ou la conférence-débat du samedi 26 Août au matin, ont permis de faire s’exprimer des points de vue très variés et de dégager des pistes communes pour mieux valoriser nos races et nos produits.
Quelle que soit notre région d’origine, nous nous sommes tous retrouvés sur l’importance d’une meilleure reconnaissance de nos systèmes d’élevage (races régionales, petite taille, vente directe, valeur ajoutée, revenus viables) de la part des organismes publics et agricoles mais aussi de la part de nos élus locaux. Il importe que nous fassions davantage connaître nos produits et nos pratiques afin d’une part, de conforter dans leur fonctionnement parfois fragile les éleveurs déjà en place et, d’autre part, de faciliter la création de nouveaux élevages en réduisant les principaux freins à l’installation que sont l’accès au foncier, l’octroi de droits à produire et l’alourdissement de la gestion administrative de notre activité (démarche HACCP pour contrôles d’hygiène, identification et bouclage des animaux, …). C’est d’un mouvement collectif et d’un message commun entre régions que nous avons besoin. Des rassemblements tels que celui-ci contribuent à en alimenter le contenu.
Concernant plus particulièrement les races bretonnes et de l’avis des jurys de concours d’animaux, nous progressons dans leur mise en valeur : les juges ont souligné la qualité des animaux mis en compétition et leur homogénéité croissante au sein de chaque race d’une édition de ce salon à la suivante. Ceci est un encouragement pour continuer à faire évoluer nos cheptels vers une meilleure satisfaction de nos besoins d’éleveurs et ainsi mieux répondre aux besoins de nos clients.

A cette richesse des échanges entre professionnels, s’est ajouté un très franc succès auprès du grand public avec 5300 visiteurs entre le samedi midi et le dimanche soir. Cette forte fréquentation ainsi que le solide relais accordé par de nombreux médias (deux reportages aux journaux de TF1, reportages sur France 3, nombreux articles dans la presse écrite et diverse émissions radio dont un « direct » de RBO sur place le samedi matin) démontrent l’attention grandissante que portent nos concitoyens au type d’agriculture que nous pratiquons. D’ailleurs, ce ne sont pas seulement plusieurs dizaines d’animaux issus de 40 races différentes que le public a pu découvrir durant le week-end mais aussi les organismes, associations et entrepreneurs indépendants qui oeuvrent dans le même sens que nous et qui ont accepté de venir participer à l’événement : des artisans boulangers, les producteurs fermiers de Bro an Are, des brasseurs indépendants, la FD CIVAM
Finistère, la Maison de l’Agriculture Biologique, PARADES, le mouvement Slow Food avec ateliers de dégustations de produits commentées, le photographe-auteur Philippe Deschamps avec son exposition « Identités » et bien d’autres encore.
Le succès de ce 5 ème Salon des races, qui prend une ampleur croissante à chaque nouvelle édition, nous conforte dans nos choix, souvent pris à contre-courant de la profession agricole, en faveur d’une agriculture plus autonome et plus économe. Il prouve toute la pertinence de nos systèmes d’élevage qui concilient viabilité économique, satisfaction de nos clientèles, respect et mise en valeur des ressources naturelles dont nous somme dépositaires.
Nous devons continuer à mieux présenter nos métiers, à mieux expliquer et montrer les opportunités qu’ils offrent, en particulier en termes de construction de revenus familiaux, de contribution à l’économie locale et d’utilisation saine des territoires ruraux et péri-urbains.
Nous étions déjà déterminés à suivre le chemin que nous avons choisi ; nous sommes à présent encouragés à poursuivre dans ce sens. Nous savons que nous sommes de plus en plus entendus et, certainement, de mieux en mieux compris et écoutés. Alors, continuons à faire parler de nous et rendons-nous disponibles pour soutenir ceux qui veulent nous rejoindre.
Jean-Claude EBREL, Vice-Président de la Société des Eleveurs de la race bovine Bretonne Pie Noir
Grégoire BROSSARD Chargé de mission auprès des éleveurs de la race bovine Bretonne Pie Noir |