Site officiel de la Société des Eleveurs de la race bovine Bretonne Pie Noire
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Site de I.N.R.A.
Gestion génétique de la race bovine
Bretonne Pie Noir :
bilan et perspectives

J. J. COLLEAU , P. QUEMERE ,
H. LARROQUE , J. SERGENT ,
C. WAGNER

 

 
   
     
 
 

Source bibliographique : JJ Colleaux et al, 2002. INRA Prod. Anim. 15(3), 221-230

La race bovine Bretonne Pie Noir est l’une des 12 races bovines actuellement en sauvegarde en France. Son programme de sauvegarde remonte à 1976.

1 – Bilan du programme 1977-2000

1.1 – Principes du programme de sauvegarde

L’objectif du programme de sauvegarde était de conserver le maximum de lignées génétiques présentes dans la population de départ, afin de produire le minimum de consanguinité ; celle-ci traduisant une réduction de l’éventail génétique et pouvant affecter directement la viabilité et les performances des animaux.
Au départ on disposait de 22 mâles de généalogie connue, dont on possédait encore de la semence congelée, ou qui étaient en service chez les éleveurs ayant souscrit un contrat. Ces mâles ont été répartis en 8 groupes avec un fort apparentement intra groupe, et un faible apparentement inter groupes.

Suivant l’approche en usage à l’époque, les femelles ont été réparties dans un même nombre de groupes, avec le même principe. La disposition initiale des groupes sur un cercle était telle que les familles étaient d’autant plus éloignées qu’elles étaient apparentées.
Puis, tous les 2 ans, on faisait tourner le cercle des mâles d’1 cran.
On prévoyait ensuite modestement d’introduire un nouveau mâle tous les 2 ans, issu du taureau à remplacer et d’une vache présentant de bonnes performances au contrôle laitier.

Les recommandations pour la gestion du troupeau femelle étaient de retarder au maximum la réforme et de tenter de remplacer chaque vache par sa fille.

Principe du plan d’accouplement

1.2 – Consanguinité et parenté des femelles


Evolution de la consanguinité et de la parenté moyenne des femelles BPN nées de 1978 à 1999.


 

 

 

Le taux de consanguinité a augmenté à peu près linéairement d’environ 22% par an.

 

 

 

 

1.3 – Origine des gènes des femelles

 

1978

1986

1994

1999

50 %

31

15

15

12

100 %

71

38

37

32

Nb efficace de fondateurs

29

11

10

8

 

Nombre d’ancêtres fondateurs contribuant en réalité au génome de la population femelle, en fonction de la date de naissance

Pour les vaches nées en 1999, 12 ancêtres fondateurs sont à l’origine de la moitié des gènes de la population, et 20 autres de l’autre moitié.

2 – Le nouveau programme

2.1 – Grandes lignes

Le nouveau programme part du constat que la conduite d’un schéma de conservation rotatif avec des familles est extrêmement rigide et fragile vis à vis des dérives éventuelles. On préfère pour cette raison introduire un schéma plus souple et dynamique dans le temps, qui s’appuie à chaque instant sur la situation réelle existante pour optimiser les décisions.
Le premier point essentiel du nouveau programme est l’utilisation d’accouplements à parenté minimale. Sous la réserve que les taureaux dIA disponibles sont utilisés en proportion égale sur la population, un algorithme de calcul sélectionne pour chaque vache le taureau présentant une parenté minimale avec elle.
Le second point essentiel est la volonté de renforcer la fréquence des gènes rares pour éviter leur extinction totale, notamment au travers de la méthode de choix des mères à taureaux.
Le troisième point essentiel est de maximiser le nombre de taureaux d’IA disponibles la même année.
Comme dans l’ancien programme, chaque taureau est remplacé par un de ses fils.

2.2 – Simulation

4 scénarios ont été simulés. Le premier correspond approximativement à la continuation de la politique actuelle :
A : 1 taureau nouveau / an utilisé pendant 10 ans
B : 2 taureaux nouveaux / an utilisés pendant 5 ans
C : ……. idem ………………………. 10 ans
D : 4 taureaux nouveaux / an utilisés pendant 5 ans

scénarios

2005

2020

2030

A

2,6

3,6

4,7

B

2,7

3,8

4,7

C

2,7

3,7

4,5

D

2,6

3,6

4,2

Taux de consanguinité (%) des génisses selon l’année de naissance
La consanguinité de 2005 est réduite environ de moitié par rapport à 1999 (5,4 à 2,6). Elle augmente à nouveau de 1 point jusqu’en 2020 (3,7).

 

A

B

C

D

50 %

26

27

26

27

100 %

220

219

219

224

Nb efficace de fondateurs

71

73

71

75

Nombre d’ancêtres fondateurs contribuant à des proportions croissantes du génome de la population femelle née en 2030.

3 – Conclusion

Le programme de sauvegarde devrait normalement conduire à une sensible amélioration de la situation existante. Le changement de politique d’accouplement est le fait majeur, dont les effets portent sur environ 20 ans. Par ailleurs, l’érosion du nombre de lignées d’origine devrait normalement cesser.
Néanmoins il faudra s’efforcer d’augmenter le nombre de taureaux rentrant annuellement en service : certainement au moins 2 (scénario C). En effet, l’application de la prédiction de Hill (1972 et 1979) aux 4 scénarios montre des accroissements annuels de consanguinité respectivement de 0,38%, 0,32%, 0,19%, 0,16%.
Il faudra aussi retarder la mise en service des taureaux, afin d’augmenter l’intervalle de génération sur les voies mâles (père-fils et père-fille) et diminuer le rythme annuel d’augmentation de la consanguinité. Ainsi, avec une mise en service des taureaux à 7 ans, les valeurs précédentes tombent presque de moitié, à 0,23%, 0,17%, 0,12%, 0,09%. Cette décision exige toutefois l’acceptation des éleveurs, et des ressources financières car pendant la phase de transition on devrait acquérir et élever beaucoup plus de taureaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


un particulier aimant les bons produits naturels - un particulier possédant un hectare de terrain ou plus - une collectivité publique ou privée - un futur éleveur

Société des Eleveurs de la race bovine Bretonne Pie Noir - 5, allée de Sully - 29000 QUIMPER - Photos : Philippe Deschamps

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